Vulnérabilité et coaching sont des notions très liées. La vulnérabilité assumée du coach est modélisante pour le client :

La vulnérabilité affichée du coach, supposé en position de sachant ou d’expert, montre comment le client lui aussi pourrait être authentiquement humain tout en gardant confiance en la vie et dans la relation.

Se montrer vulnérable, adopter une position basse, non pas tactiquement, mais humblement et autre tiquent est une grande clé de coaching.

Qu’est-ce que la vulnérabilité ?

Etymologiquement, la vulnérabilité c’est la possibilité d’être blessé.

Dans les relations humaines, la vulnérabilité gagne à être assumée et reconnue, parce quelle offre alors la possibilité d’une relation vraie et profonde (voir : osez des relations authentiques).

La vulnérabilité c’est oser ressentir ce qui est là, en soi. Etre vulnérable c’est oser se dé-protéger, se dévoiler, pour accéder en soi à cet espace de ressenti, pour laisser vibrer ses émotions. Il ne s’agit pas d’être « émotif » (avoir peur de tout, se laisser à la tristesse à tout propos, se laisser déborder par sa colère, sans retenue). En revanche, il est intéressant d’observer les sensations physiques et de s’enraciner dans les ressentis émotionnels sans chercher à les contrôler ou les manipuler.  Dès lors, au lieu de nier ce qui est, et de maquiller la réalité à nos propres yeux et à ceux des autres, nous assumons simplement l’expérience intérieure, ce vécu riche et puissant, source même de l’énergie vitale.

La vulnérabilité est une force

La vulnérabilité n’est pas faiblesse. Bien au contraire, être vulnérable, c’est reconnaître ses fragilités, c’est accepter d’être soi-même avec ses points forts et ses points faibles. Si quelqu’un est assez lucide et confiant pour reconnaître et assumer sa part de vulnérabilité, ne serait-ce pas qu’il est finalement beaucoup plus fort que faible : si, quelqu’un a suffisamment de maturité émotionnelle, pour reconnaître ses faiblesses et les assumer, c’est qu’il doit être suffisamment fort par ailleurs… non ?

Formes d’expression de la vulnérabilité en coaching

Le coach est sound amené en coaching à exprimer sa vulnérabilité, de façon simple et directe :

  • Je ne sais pas
  • A moi aussi, cela semble difficile
  • Ce que vous dîtes-là me touche profondément
  • Ce que vous vivez me renvoie à ma propre expérience, où je ne suis pas toujours très à l’aise non plus…

La vulnérabilité du coach rétablit la parité

Quand un client s’adresse à un coach, il y a implicitement derrière cette démarche une forme d’aveu de vulnérabilité :

  • Je n’y arrive pas tout seul.
  • Il me manque du soutien.
  • Je ne parviens pas à intégrer quelque chose.
  • Il y a sûrement un angle mort ou un point aveugle, car des données me font défaut.
  • Etc…

Le client en coaching est décidé à faire face à l’impuissance relative avec laquelle il est aux prises.

Il est important pour que le client puisse de nouveau disposer de toutes ses ressources pour prendre appui sur ses forces et transformer ce qui doit être modifié, qu’il se sente en possession de ses moyens.

Le premier acte de coaching du coach devrait donc être de rétablir la parité entre eux, en affirmant symétriquement sa propre vulnérabilité ET sa confiance tranquille, qu’à deux on va en sortir par le haut.

La vulnérabilité du client en coaching

Voici ce que dit Alain Cardon à ce propos :

Quand les prospects ou les clients se sentent vulnérables, ils tendent malheureusement à supprimer ou à disqualifier leur propre capacité à résoudre leurs propres problèmes, à accomplir leurs ambitions. Ainsi, en reconnaissant leurs sentiments de vulnérabilité, ils perdent de vue leur propre potentiel à progresser par eux mêmes.

C’est souvent dans ce contexte qu’ils font appel à un coach, croyant fermement que l’autre aura la force et les moyens de les aider. De cette façon, les prospects et clients projettent leur propre pouvoirde guérison et d’évolution vers l’extérieur, sur les autres ou sur leurs coachs.  Ensuite, ils perçoivent chez ces personnes la projection de leur propre capacité interne de croissance.

Vulnérabilité et coaching vont de pair

Quelles que soient leurs motivations apparentes les clients en coaching peuvent cependant tous éprouver des sentiments plus ou moins intenses d’incompétence et de vulnérabilité.

  • Parfois, ils admettent clairement ne pas savoir, ou ne pas pouvoir.
  • D’autres fois, ils cherchent à bénéficier de l’appui d’un partenaire qui aurait du répondant.
  • Soit encore, ils ressentent un manque de la clarté opérationnelle qui leur permettrait d’atteindre leurs objectifs.
  • Plus profondément cependant, au fur et à mesure que la relation de coaching se construit, les clients se rendent compte et admettent souvent ne pas avoir le temps, le courage, les compétences, la motivation, la résilience, ou suffisamment de soutien de leur environnement, pour réaliser leurs aspirations, et atteindre leurs objectifs.
  • Plus important encore, de nombreux clients en coaching font face à des transitions de vie plus intimes qui entraînent des combinaisons détonantes d’enjeux de santé, de crises professionnelles, de transformations personnelles et de questionnements existentiels.

Par conséquent, peu importe l’importance apparente allouée à leurs objectifs initiaux ou la véritable motivation, bien plus profonde, qui sera avouée ou découverte par la suite.  Les prospects en coaching démarrent réellement leur processus d’accompagnement lorsqu’ils ils admettent une insuffisance personnelle ou des sentiments de vulnérabilité plus profonds.

Accueillir la vulnérabilité du client

Le coaching est un travail sur soi. Un travail courageux de remise en question d’un certain nombre de paramètres pénalisants, qu’il faut régler différemment. C’est cela qui va permettre d’accéder aux solutions et ressources nécessaires à l’atteinte des objectifs. Tout client en coaching rencontre donc à un moment où un autre un passage délicat, où il se trouve confronté à sa fragilité.

C’est là que le coach doit être présent, évidemment bienveillant et non jugeant. Mais plus que cela, le coach doit être un chaleureux supporter, exprimant sa confiance.

 » La meilleure posture initiale pour un coach, dans les premières minutes d’une conversation de coaching, est une présence attentive et disponible, modeste et discrète, réservée et respectueuse.  La modération et la simplicité du coach agrémentée de remarques de soutien préparent bien le terrain du travail à faire en coaching. Cela permet au client de se déployer dans tous les espaces laissés libres, afin de pleinement assumer le rôle le plus actif au sein du partenariat de coaching ».