Avez-vous vu l’excellent film de Marie-Castille Mention-Schaar : Les Héritiers ?

Une prof d’histoire enseigne dans une classe très difficile de seconde, au cœur d’une banlieue parisienne. Ayant elle-même besoin de redonner du sens à son métier, elle propose à sa classe de s’inscrire au concours national de la résistance et de la déportation. Vous trouverez plein d’articles sur le net vous décrivant cette histoire à la fois drôle, touchante et juste.
S’il vous manquait une raison d’aller voir ce beau film, la voici : Il est en effet une vraie illustration de ce que la pédagogie du coaching peut produire de magique. Vous y verrez comment une prof d’histoire transforme la trajectoire d’un groupe de gamins dont tous les autres ont déjà scellé le sort, en jouant sur quelques recettes désormais bien connues de nos lecteurs :

Pédagogie positive et regard résolument bienveillant

Posant sur ses élèves son regard à la fois doux et ferme, elle ne porte jamais de jugement sur leurs dérapages incessants. Bien des situations (tout y passe : le racisme, la religion, le sexisme, la misère sociale, le langage coloré …) pourraient pourtant pousser à se moquer, à hausser les sourcils, à renoncer ou à claquer la porte. Elle ne le fera jamais, restant attentive au moindre de leurs progrès, à tout ce qui leur permettra d’y croire, tous ensemble. Souvent, les participants à nos ateliers positifs, nous interrogent sur les limites de cette posture. Comment être positif sans être naïf ? Comment rester ferme tout en étant positif ?
Dans ce film, la réponse est limpide. Vous verrez comment Mme Gueguen, en opposition avec nombre de ses collègues, assied tranquillement son autorité naturelle sur son groupe d’élèves par la force de son attention bienveillante et exigeante.

Y croire soi-même en premier lieu

Dans cette histoire, comme dans toutes celles qui parlent de défis un peu fous, le facteur clé de réussite est la confiance. Confiance en soi pour mieux faire confiance aux autres, confiance dans les autres pour renforcer sa confiance en soi …Seule contre tous au début, notre professeur d’histoire est à l’affût du moindre signal qui permet de donner espoir à chacun de ces jeunes, puis au groupe tout entier. Elle y revient sans cesse : c’est une question de confiance et ils se sous-estiment tellement ! Ce faisant, elle prend confiance en elle-même. On le sent, elle y croit de plus en plus. Cette force lui donne des ailes et finit par en donner à sa classe. Vital pour aller au bout d’un tel projet !

Faire le pari de la co-action et de la dynamique de groupe

Lors de la première réunion, ils ne sont que deux à s’asseoir en face de leur professeur. Les autres arrivent ensuite mais ne forment en fait que de petits clans, désunis et désorganisés. Ils travaillent sur les mêmes sujets, se querellent, cherchent tous à tirer la couverture à eux (mon idée pas notre idée). Là encore, pas d’imposition sur la méthode, juste un cadrage, puis un recadrage, qui provoque un insight lors du départ de l’un d’entre eux :  »ce projet n’aura de sens que si vous le faites collectivement ». La force du collectif fait le reste : les groupes se mélangent, puis s’assemblent pour n’en former qu’un seul. Les tâches se répartissent alors de façon fluide, les leaderships s’expriment naturellement, sans agressivité, le soutien mutuel finit par avoir raison de tous les clivages qui forment ce groupe hétérogène. Bref, vous l’avez compris, allez voir ce film. Au-delà de l’intérêt majeur des thèmes qu’il aborde, vous y prendrez, comme nous, une vraie leçon de pédagogie positive et d’optimisme !
Bon film,