Qu’est-ce que l’écoute de coach, qu’a-t-elle de spécifique ?

La puissance de l’effet coaching est fonction de la qualité de la relation.

L’authenticité de la relation est fonction de la qualité de votre Présence, à vous-même, et donc à l’autre…

Votre Présence à vous-même tient à ce que vous êtes attentif, conscient de ce qui est là, donc à l’écoute, une écoute profonde et ouverte…

Rappels à propos de l’écoute de coach

Il a été déjà dit qu »il y a trois niveaux d’écoute (voir vidéo en fin de paragraphe) :

  • l’écoute de ce que dit et fait l’autre (même sans le vouloir, même sans le savoir, au travers de son dicours explicite et implicite : le non verbal et tous ces termes dont on a plein la bouche dès qu’on parle de coaching et de communication)
  • l’écoute du cadre de référence de l’autre : ce qui doit être vrai et iomportant pour qu’il dise et ressente ce qu’il dit et ressent
  • l’écoute du transfert ou des échos systémiques, c’est-à-dire l’écoute de ce que les deux points précédents font résonner en vous…

Niveaux d’écoute de coach

  • 1er niveau d’écoute de coach :

Ce que l’autre dit et fait, qui lui appartient et n’a finalement rien à voir avec moi. Ce qu’il me dit ne parle que de lui, et ne me concerne en rien, finalement… C’est radical ce que je dis là, c’est exagéré même. On pourrait presque croire que c’est froid et méprisant. Je veux dire pourtant la simple vérité. Chacun ne parle généralement que de soi, même quand il parle apparemment des autres. Et la plupart du temps une personne ne parle que de l’espace problèmes, justement là où il n’y a pas de solutions. Or ce qui compte dans le coaching c’est d’orienter vers les solutions, qui ne sont donc pas dans ce que dit le client (sinon il les auraient déjà trouvées et ne serait pas en face de vous en coaching…)

  • 2ème niveau d’écoute de coach :

Ce que ce qu’il me dit fait résonner en moi et me fait voir de moi au miroir : ce sont des manifestations mentales, ce sont des choses observées, presque sans intérêt finalement. C’est tout le champ du travail de la connaissance de soi que d’observer cela, en tant que phénomène, mais pas en tant que contenu utile au coaching.

Si vous vous mettez à manipuler ces contenus, à y réfléchir, vous n’allez pas vous connaître. Tout au plus vous connaîtrez ce que vous n’êtes pas, vous observerez des mouvements et des formes qui évoluent au gré de certaines fantaisies sur l’écran de votre mental. vous leur trouverez des causes et des conséquences, qui elles-mêmes ont des causes et des conséquences à perte de vue, si bien que finalement tout se tient, et tout explique tout. Vous aurez peut-être tout compris, mais resterez dans l’impuissance. Vous faîtes tellement de lien, que le tableau se noircit de flèches de liens et on n’y voit plus qu’un gros point unifié, du tout est relié à tout, tout est à la fois cause et conséquence de tout. Bon ok c’est intéressant à faire une paire de fois, mais après c’est toujours pareil, et on s’en lasse vite, car c’est en fait : sans intérêt. Oui, tout ce qui arrive est lié et finit pas disparaître au profit d’autre chose qui apparaît avant de disparaître à son tour. Parfait. et après ? Après c’est pareil avec autre chose, donc toujours plus de la même chose, sous d’autres formes.

  • 3ème niveau d’écoute de coach :

C’est l’écoute de ce qui, en moi, est à l’écoute de tout cela… Cette observation silencieuse, qui n’est pas observée ni observable, n’est qu’un flux d’attention… C’est dans l’après coup, que l’on se rend compte que cela observe, parce que sur le moment, il n’y a personne d’autre que l’écoute elle-même. Ainsi, même quand je crois me voir en train d’observer, ce flux d’attention qui m’observe en train d’observer est encore en amont de moi qui observe…

 

C’est la profondeur de l’écoute, qui permet la profondeur de la parole du client.

La manière dont vous écoutez l’autre en vous-même (donc, la manière dont vous vous accueillez vous-même au travers de cette relation), déteint en quelque sorte sur la relation, et permet parfois à l’autre de s’accueillir lui-même dans ce qu’il est, dans l’instant présent. C’est là qu’il peut se trouver, c’est ce point centre qu’il effleure ou qu’il percute et qui provoque des prises de conscience, un insight, une mise en énergie parfois spectaculaire.

C’est en écoutant aux trois niveaux à la fois, que vous êtes à la fois totalement absorbé et totalement détaché, donc : totalement présent..

En étant à la fois attentif à ce qui dit l’autre, à ce qui se joue pour lui (sans pour autant vous risquer à plaquer des interprétations intellectuelles, sans manipuler vos outils de décodage) et à ce qui se joue entre vous (donc aux répercussions que cela provoque en vous : vos pensées, vos émotions, vos sensations), que vous accueillez l’ensemble du panorama, extérieur et intérieur, et que vous laissez s’ériger en vous ce que vous êtes réellement, qui n’est aucune des choses que vous observez et écoutez. Vous ne pouvez pas écouter ce que vous êtes, qui ne se laisse pas entendre par vos sens limités et encore moins par l’interprétation mentale qui s’en dégage. Mais vous écoutez depuis ce que vous êtes (ce qui est assez différent, vous en conviendrez ?). Donc quand vous écoutez pleinement, vous êtes pleinement présent.

 

C’est l’écoute de coach, qui fait le coach

De même qu’une personne ne devient le danseur que lorsqu’elle se met à danser, c’est en faisant des baguettes de pain que le boulanger est un boulanger.

Il en va de même pour les coachs : si vous lisez ces lignes, c’est que vous êtes coach et cherchez peut-être à « faire du coaching« … C’est donc en faisant du coaching, en étant ouvert à votre écoute dans toute sa complétude et sa profondeur, que vous êtes dans l’accueil.

L’accueil de quoi : ce n’est pas le problème.

Il ne s’agit pas tant de savoir quoi écouter que de s’installerions un état d’écoute.

Ce n’est pas tant ce que vous écoutez qui fait de vous un coach, que la manière dont vous écoutez !

Quand vous écoutez avec votre tête uniquement, vous êtes dans votre tête, vous êtes vos pensées, et vous n’êtes pas la pleinitude de ce que vous êtes. Dès lors, vous ne pouvez pas accueillir pleinement tout ce qui est, vous embrassez très étroit et vous n’êtes pas vraiment là.

Ne pas chercher à comprendre

A la limite, si cela vous aide, ne cherchez pas à comprendre, soyez rassurés : un sens se dégagera bien à un moment ou un autre. Restez plutôt dans une écoute non dirigée, sans intention particulière, ne cultivez que des réflexes, ne mettez pas en oeuvre de raisonnement ou de stratégie, restez simplement là, préésent dans la conversation. ensuite, viendra le moment d’intervenir, c’est -à-dire de venir à l’intérieur de cette conversation. Ce sera une irruption et une interruption, vous changerez de plan, quelque chose de la profondeur émergera jusqu’à la surface de la conversation dans laquelle une partie de vous est partiellement engagée, dans l’écoute, le silence, des questions et des réponses. Ce n’est pas là que se joue le coaching. Cela n’est que la mise en scène, les postures qui sont prises au niveau des phénomènes, comme dans un jeu de rôle ou une pièce de théâtre. Le coaching surgit à travers les mailles de ce filet conventionnel (celui de vos représentations mentales. Le client se raconte qu’il est face à son coach et qu’il cherche une solution à quelque chose. Vous vous racontez que vous l’accompagnez dans ce parcours…). Au détour d’un chemin, quand on ne s’y attendait pas, l’effet coaching survient, un peu comme si à force de frotter des silex, une étincelle surgissait. La conversation est le travail de frottement, l’étincelle est d’un autre ordre, elle est libre et ne procède d’aucun effort, même si l’effort la prédispose parfois.

Ecoute de coach et qualité de « présence »

Désolé de vous prendre un peu la tête peut-être, mais c’est comme ça. IL faut bien dire les choses comme elles sont (du moins comme je les ressens et les expérimente), tant pis si c’est subtil et difficile à partager en mettant des mots dessus.

C’est cette Présence qui se manifeste dans la relation et produit l’effet coaching recherché par le client (comme pour le client qui vient acheter du pain à la boulangerie : ce n’est pas plus grave que ça. Il vient, il prend son pain, il le paye, après il sort et il le mange, et puis la vie continue ainsi… c’est tout !). Le boulanger a des recettes et des tours de mains, le plombier aussi, et le coach aussi. Supposons que le travail du plombier soit de resserrer des boulons, le travail du coach est de se mettre à l’écoute de la Présence en lui, afin qu’elle se manifeste dans la relation et touche le client, afin qu’il se débrouille avec elle pour trouver ses solutions, ou quoi que ce soit qui le concerne et ne regarde finalement pas le coach.

Alors, on peut en parler des années, car c’est un peu un « mystère » (quoi qu’il n’y ait rien d’autre à dire finalement). Qu’est-ce qui fait l’effet coaching ? Surtout, il faut en vivre l’expérience. par la pratique et aussi par la formation et la supervision, pour élargir et approfondir votre pratique.

Quand vous « faîtes du coaching » depuis votre tête, rien ne change en vous, en profondeur. Mais quand vous cultivez cette attention à la profondeur en vous, tout change en vous, y compris à la surface, parce que les enjeux sont déplacés de la surface vers le centre de l’être :

  • ce qui vous laissait parfois indifférent vous touche,
  • et ce qui vous agitait beaucoup vous laisse assez calme.

Dans cette écoute de coach, vous êtes présent, disponible, concentré, et le travail se fait. C’est pas si mal je trouve… C’est pas plus bête que de s’agiter en vain sur sa chaise ou dans sa tête à propos de mille choses,… pour rien !

 

Paul Devaux 06 10 56 14 96