Beaucoup de coachs débutants sont mal à l’aise avec le silence du client en séance. Comment gérer le silence en coaching ? Partage de trucs de vieux renard du coaching…

Le silence en coaching, c’est tout un art…

  • Le silence coaching est une des clés majeures du coaching, parce qu’il laisse de l’espace au client.
  • Dans le silence en coaching, le client peut réfléchir et élaborer.
  • Dans le silence, il peut « ressentir », il peut s’entendre parler, et parfois même s’entendre penser…
  • Le silence permet aussi à chacun de se centrer et d’écouter profondément ce qu’il y a à entendre….

 

L’esprit du silence ?

Dans une séance, vous n’êtes pas dans une église ou une bibliothèque !

Le silence qui compte vraiment, n’est pas le silence extérieur. La séance de coaching est un lieu vivant, où l’on réfléchit, certes, où l’on écoute, évidemment, mais aussi un lieu où l’on ressent des émotions fortes, où des pensées nouvelles affluent, où l’échange va bon train, où beaucoup d’énergie est échangée. Ceci se passe dans un silence de jugements, un silence de vouloir quelque chose pour le client, un silence de toute agitation du coach. Mais dans ce silence, il peut y avoir des paroles.

Sur fond de cette qualité de Présence silencieuse du coach, il peut en effet y avoir beaucoup de mots prononcés, y compris par le coach. Dans les écoles de coaching et dans les livres, on vous apprend que le coach écoute en silence. C’est sans doute vrai. Et c’est bien. Mais dans la vraie vie, cela ne se passe pas toujours comme à l’école ! L’important ce n’est pas de prendre le silence à la lettre et de rester telle une statue, à prendre des airs de profondeur inspirée. L’important c’est d’entrer dans l’esprit du silence, et d’y inviter le client, pour se mettre à l’écoute ensemble. A l’écoute des mots du client évidemment, mais les vôtres aussi, ceux que vous lui prêtez, ceux que vous prononcez lors d’un feed-back ou d’une réformulation.

Le silence en coaching peut être ponctué de différentes interventions, pour être digeste :

(voir à ce sujet : « ARRÊTER DE PENSER : COMMENT ARRÊTER DE PENSER DE MANIÈRE COMPULSIVE ? » et  « LE POUVOIR NÉGATIF DES PENSÉES TOXIQUES« )

Gérer le silence en coaching

Gérer le silence en coaching est un art délicat et important, parce que le silence présente un côté embarrassant. Il fait même un peu peur parfois.

Comme vous allez le constater, le Coach n’a que l’embarras du choix pour accompagner et gérer le silence en coaching et le rendre ainsi plus confortable pour son client.

Aucune des interventions suivantes n’est indispensable, et pourtant chacune d’entre elles, bien placée et bien servie peut créer une immense valeur pour le client qui en bénéficie :

  • Rester silencieux et attentif, pour laisser de l’espace à la réflexion active de votre interlocuteur
  • Utiliser des relances minimalistes : « OK », « Et donc ? », « Ah… », pour accompagner sans prendre trop d’espace
  • Répéter le dernier mot ou un mot clé, ou une idée clé pour inviter le client à développer
  • Résumer, proposer une synthèse, ou reformuler… pour interrompre le mode narratif. Par exemple, quand votre « client » voudrait vous amener à comprendre pourquoi il ne trouve pas, alors que vous êtes ensemble pour chercher comment trouver : « OK : vous avez cette difficulté qui a ces trois conséquences. Et donc, vous faites quoi avec ça ? »
  • Valider, encourager : « Bravo », « C’est un bon début ça, non ? »
  • Faire usage de précautions oratoires : « je me trompe peut-être complètement, mais… », « je ne sais pas du tout si ce que je vais vous dire peut être intéressant pour vous… »
  • Exprimer un sentiment personnel : « ce que vous venez de dire est touchant », « je suis impressionné par votre courage envers vous-même »
  • Demander des permissions et offrir des invitations : « puis-je vous interrompre un instant ? », « êtes-vous prêt à commencer cette session ? », « Oui, je vous vois bien faire ça », « Et pourquoi en effet ne tenteriez-vous pas votre chance ? »
  • Recourir à des métaphores (en restant très court pour repasser la balle) : « ce que vous me dites me fait penser à… qu’en pensez-vous ?».
  • Faire appel aux héros personnels de votre interlocuteur (réels ou virtuels) : « que vous suggèreraient-ils dans cette situation ? »
  • Inviter à faire le tri entre les vrais et les « faux problèmes« 
  • Recadrer : « Des tas de gens aimeraient peut-être avoir ce genre de problèmes, qui présuppose que vous soyez déjà arrivé là où vous êtes, et qui est déjà très enviable aux yeux de beaucoup… »
  • Recentrer : « Et vous, dans tout ça ? »,  « Et si nous revenions vers le sujet que vous m’avez dit vouloir aborder ? »
  • Proposer une question décadrante
  • Recourir à l’humour (attention : l’humour c’est quand le client rit. En revanche s’il ne rit pas, ce serait peut-être plutôt de la disqualification). L’humour est un contrepied qui amène l’énergie ailleurs… parfois au bon endroit.
  • Proposer des commentaires sur la relation : « Quand nous travaillons ensemble, vous êtes généralement très calme (ou très positif, ou très créatif …), donc vous savez très bien le faire… comment parvenir à être aussi centré dans la situation que vous me décrivez ? »
  • Evoquer le processus, qui se répète en reflet systémique aussi dans la relation : « Je me sens confus (ou énervé ou inquiet …). J’ai l’impression que c’est en reflet par rapport à la situation dont vous me parlez. Comment parler de cela plus que du problème ? », « Je sens de la colère (ou de la peine, ou de l’ennui …) monter en moi. Pourtant vous n’en avez pas exprimé…Ça vous parle ça ? Et donc ?… », « Je crois que nous sommes dans une impasse et je sens que vous attendez de moi que je trouve une solution que je n’ai pas. Comment allons-nous faire ?
  • Etc…

 

Vous voyez, on est loin d’être démuni pour meubler le silence en coaching, quand c’est nécessaire. Mais, si vous voulez privilégier le silence, il ne faut évidemment par abuser de ces exemples d’intervention. Gérer le silence, ne veut pas dire le remplir pour l’éliminer. Deux ou trois interventions de cette sorte dans le même entretien suffisent largement.

 

Paul Devaux : 06.10.56.14.96

Pour aller plus loin sur le silence en coaching :