Le conférencier, Eric Baret (qui s’exprime depuis l’approche non dualiste du Cachemire), suggère que l’embolie de communication que nous connaissons  actuellement (omniprésence des médias et des réseaux sociaux dans notre quotidien) vient du manque de relation authentique :

  • moins nous avons de relation véritable avec autrui, plus nous recherchons un substitut de celle-ci dans des échanges d’informations et des communications incessantes (les mails, les sms, les tweets, les amis facebook, la télé, les messages publicitaires dans la rue, etc…)
  • plus nous sommes pris dans la communication, plus nous sommes dans l’identification aux étiquettes extérieures, plus nous nous éloignons de l’Essence de la relation véritable.

Dans cet article, nous allons tenter d’aller au-delà de la communication, et creuser sous la relation pour y découvrir : la “Présence” !

La Présence à soi-même est la condition sine qua non d’une relation authentique.

Cette relation peut éventuellement s’illustrer au travers d’une communication juste. Mais c’est un niveau très éloigné du centre, c’est tout là bas dans les phénomènes extérieurs que se joue la communication…
Par exemple, la plupart des réunions ne servent ni à se réunir (objectif de cohésion), ni à décider (objectif d’action), mais à s’informer ! On y fait des points d’avancement et on y assiste à une succession de présentations. Cette approche de la réunion pré-suppose que l’information serait vitale, primordiale. Du point de vue ordinaire que nous connaissons tous, cela paraît évident. Et pourtant…

Présence à soi-même et communication

Pourtant, à notre avis, l’information est bien souvent secondaire. En tous cas, elle est clairement moins importante que la relation : si je donne ma confiance au travers d’une délégation, après tout je n’ai pas besoin de tout savoir. Certes, j’ai sans doute de l’intérêt pour le résultat, certes je veux bien me rendre disponible pour contribuer à résoudre une difficulté sur le chemin, mais l’information par elle-même regarde surtout l’acteur à qui j’ai délégué. C’est son job de recueillir les bonnes informations et de faire ce qu’il y a à faire. Quant à moi, je peux surtout le soutenir dans son action responsable, par la qualité de la relation que nous entretenons. C’est là tout l’enjeu du leadership, l’essentiel de la valeur que peut créer un manager.

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Présence à soi-même et relations fortes

Pour qu’il y ait relation, il faut qu’il y ait deux (et même trois… si on compte la relation comme le troisième élément) ! Autrement dit, pour que vous soyez en relation avec les autres, il faut que vous soyez là, vous-même, en quelque sorte : en “état de présence“. Comment voulez-vous être en relation, être dans la relation, si vous n’êtes nulle part ?

Seule votre Présence, plénière, authentique, peut permettre une relation pleine et authentique.

Dans un entretien par exemple, si vous n’êtes que dans votre tête, vous vous coupez de vos émotions, et vous n’êtes là qu’au tiers de vous-même. Si, d’un autre côté, vous vous laissez embarquer par vos émotions, vous ne maîtrisez plus votre propre corps, vos pensées sont altérées, vous êtes sur déterminés par des réactions à la fois psychologiques et hormonales, qui vous font décider n’importe quoi. Vous n’êtes pas là. Des réactions en vous (qui ne sont pas vous) pilotent la relation, qui se tord et glisse immanquablement vers des communications vides (cf. compromissions, fuites, soumissions, et autres manipulations : plaintes, reproches, justifications, conflits, etc…).

Si vous voulez que la relation soit saine, il faut qu’il y ait un pilote dans l’avion (au moins dans le vôtre en tous cas), un escargot dans la coquille sociale : il faut que vous soyez présent, avec votre attention éveillée, au niveau de la tête pensante, au niveau du coeur vibrant, ET au niveau du corps sensible.

Présence à soi-même grâce au corps

Éveiller la sensation du corps n’est pas une finalité en soi. Quelles que soient les traditions, l’enjeu reste toujours ce que l’on appelle communément « la libération ». Mais de quoi se libère-t-on ? On se libère de notre suffisance, de notre orgueil, de l’idée que nous avons de notre propre importance et qui nous empêche de goûter pleinement la vie. On se libère de ce mode de fonctionnement qui nous fait vivre continuellement dans le passé ou dans le futur mais jamais dans le présent. On se libère de notre attachement à un résultat (voir : “lâcher prise sur le résultat“). On découvre alors la joie d’être. En ce sens, la « libération » ne constitue pas non plus une finalité mais plutôt un commencement. Le commencement d’une nouvelle vie qui n’est plus au service de notre petite personnalité mais qui devient une célébration de l’être.
Dans la voie du sentir, l’éveil de la sensation est le premier pas que nous allons faire. Cette présence sensitive va devenir peu à peu une « ancre », c’est-à-dire qu’elle va nous permettre de ne plus être une girouette que le moindre coup de vent fait tourner. On est ancré dans le corps et la présence du corps nous empêche d’être emportés par notre émotivité.

« Vous convoitez l’attention de l’autre et, en même temps, l’autre convoite votre attention, explique Luis Ansa. C’est la façon qu’a trouvée votre fausse personnalité, votre ego, pour prendre de l’énergie. »

en effet, l’attention est un enjeu d’énergie entre les personnes. On se nourrit de l’attention de l’autre et l’autre se nourrit de notre attention. La Voie du Sentir va nous apprendre à trouver l’énergie en soi et à ne plus la voler à l’autre. Là encore, c’est la présence sensitive à soi-même qui va nous permettre de ne plus continuer à être des proies ou des prédateurs énergétiques. On a ainsi la possibilité de devenir autonome et responsable. – Extrait de “la voie du sentir” dans l’article : L’importance du corps