Pourquoi rechercher l’intensité ?

Est-il légitime de vouloir vibrer avec force ?

Pourquoi ne pas préférer d’autres états comme la tranquillité à travers la fadeur, la douceur, ou l’ennui ?

Ne peut on pas trouver l’intensité dans la douceur, rechercher l’intensité dans la banalité ordinaire du quotidien, percevoir la joie émergente au sein de la paix profonde ?

Quelle énergie est engagée dans le fait de rechercher l’intensité ?

Chaque énergie a sa quête spécifique :

  • La Terre recherche la sécurité
  • L’Eau cherche l’intimité
  • L’Air recherche l’inspiration
  • Le Feu veut rechercher l’intensité

Qu’est-ce qui est sous-jacent dans la quête d’intensité ?

rechercher l'intensité

Imaginez une situation dans laquelle on ressent des sensations, et des sentiments très intenses. Vous avez là l’opportunité de lâcher quelques instants votre peau ordinaire (ce “vêtement” pour lequel on se prend) pour n’être plus que sensations et émotions intenses.

L’intensité peut en effet vous faire perdre un instant le réflexe d’appropriation. Ce n’est plus “vous” qui éprouvez l’intensité, parce qu’elle est telle, qu’elle envahit tout le champ de votre attention et qu’il n’y a soudain plus de place pour qu’un ego dise “moi, je ressens l’intensité” : il n’y a plus que l’intensité ressentie, sans personne pour se l’approprier en disant : “C’est MON intensité”.

Payer pour vivre de l’intensité

On peut parfois payer très cher pour ressentir de l’intensité. Ainsi de nombreuses activités, sont une manière de rechercher l’intensité :

  • les activités de sport extrême
  • les relations sexuelles prolongées ou diversement sophistiquées
  • l’addiction au travail (et les addictions en général)
  • la pratique artistique passionnée
  • les relations d’amour ou de haine
  • le jeu, et notamment la descente aux enfers de la perte, dans ce cas c’est l’intensité de la disparition qui est recherchée, symbole de la mort vécue en avance de phase et d’une manière symbolique
  • les sensations (de plaisir ou de douleur), qui peuvent vous terrasser, ou vous faire “perdre la tête”
  • etc…

rechercher l'intensité

Cela peut coûter de l’argent, comme de payer sa place pour assister à un film d’horreur afin de rechercher l’intensitéde la terreur, ou bien prendre un billet pour les montagnes russes à la fête foraine, qui donnent l’occasion de vivre la peur intensément.

Mais cela peut également coûter cher en risques pris face au danger, en énergie dépensée en vaines querelles, ou en hémorragies émotionnelles diverses, selon les caractères de chacun.

La sensation d’intensité peut ne pas avoir de prix tellement elle peut revêtir de valeur pour certains dans un instant particulier.

D’où parfois les drames passionnels, ou certaines crises de démence (pas toutes, car il y en a plusieurs formes ayant des causes ou des buts divers)

L’intensité se paye cher

Pourquoi payer parfois si cher, juste pour éprouver ne serait-ce qu’un peu d’intensité ? J’allais dire : ne serait-ce que pour éprouver quelques gouttes de cette misérable intensité ! Comme si l’intensité était la seule façon de se sentir en vie…

C’est que dans des situations de grande intensité, il y a la possibilité de lâcher sa fausse identification à sa petite personnalité, toujours trop étroite par rapport à la vastitude du Soi infini de notre nature profonde.

L’intensité permet parfois de cesser de se prendre pour un “petit moi”, et d’enfin être juste “le Soi”, juste “être”, sans espace possible pour une quelconque appropriation.

Rechercher l’intensité du Soi est ce qui motive souvent bien des addictions dont on pourrait faire l’économie, si on savait trouver cette intensité autrement, voire encore mieux, trouver le Soi, sans besoin de recourir à l’intensité.

Cesser de se prendre pour “moi”

On l’a déjà dit dans cet article sur “être soi-même” : le matin avant de se lever, on réalise qu’il y a une vie qui se témoigne à elle-même, et qu’il y a un “je” qui semble en être le témoin. Pour autant, parfois on a la chance qu’il n’y ait pas encore de “moi” pour tirer la couverture à lui et dire “c’est moi qui me réveille”.

Alors, on peut parfois faire là l’expérience de sensations, de conscience, sans pensée, sans identification, sans appropriation.

Mais après, face aux autres, il faut bien présenter un certain “masque social”. Il faut bien remettre le manteau de sa personnalité, sinon on sortirait tout nu dans la rue.

Transparence et alignement

Tout l’art d’être authentique consiste à tendre le masque le moins déformant possible. Un masque assez vrai, juste suffisamment protecteur pour ne pas piquer les yeux des autres avec les traits saillants de l’être profond. (Vous me direz peut-être : “Pourquoi l’être profond serait-il piquant ?  N’est-il pas “pur” et éminemment beau ? Si, sans doute… Et pourtant, tout le monde n’est pas forcément prêt à assumer l’exposé de la vérité dans sa nudité, de même que nos yeux ne peuvent pas contempler le soleil directement très longtemps sans se brûler. Il est préférable d’admirer sa luminosité reflétée sur des objets, comme la lune.

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