Pour être soi-même, il faut cesser d’être les autres, et de vouloir leur plaire, ou leur faire plaisir… On n’a pas besoin de ressembler aux autres pour être accepté, il est bien préférable d’être soi-même.

Nous verrons ici une micro pratique, donc quelque chose de très facile à mettre en place, pour être soi-même dès le matin avant même de se lever du lit, avant de revêtir la peau de la personnalité pour laquelle on se prend généralement.

Chaque soir, accepter de mourir

Vous savez, tous les soirs avant de s’endormir, on abandonne tout !

Pour vous endormir, vous acceptez même de quitter la plus belle des maîtresses, votre chat, vos lapins (si vous en avez), votre métier, toutes vos passions, et même vos chers soucis, vos ennuis : tout ! Et là, vous dormez, vous oubliez, vous perdez la conscience de veille.

Plus exactement, vous changez de plan de conscience pour passer en mode sommeil, laissant l’avant-plan de la conscience derrière vous.

Même les insomniaques lâchent enfin tout, quand ils parviennent enfin à sombrer dans le sommeil !

(D’ailleurs, quand on a du mal à s’endormir, c’est peut-être justement parfois parce qu’on a inconciemment peur de lâcher, peur de « mourir » symboliquement, en quittant l’état de veille.)

Une micro pratique

Alors, avant de plonger dans le sommeil, dîtes-vous juste comme si vous alliez glisser sur un toboggan :

  • “c’est d’accord !”
  • Ou bien “allez, j’accepte de lâcher pour ce soir”.
  • Ou encore “c’est bien comme ça, demain sera un autre jour…”.

Cela vous aidera à vous lever du bon pied le lendemain.

Et justement, nous allons parler de votre réveil, avec une pratique qui va vous aider à ne pas retomber tout de suite dans votre fausse identité.

Chaque matin, s’éveiller pour de vrai !

Le matin au réveil, après avoir tout quitté pendant le sommeil, on retrouve immédiatement nos croyances de la veille, nos fausses identités, toutes nos sacrées “choses à faire aujourd’hui”. Et bien évidemment aussi : toutes les contrariétés associées, les peurs, les regrets, ainsi que les traits de caractère auxquels nous nous sommes peu à peu identifiés, etc…

Autrement dit, on n’est même pas encore sorti du lit qu’on a déjà repris le manteau de fumées, dont on s’affuble tout seul, parce qu’on a fini par croire qu’on n’était que cela.

Ce n’est qu’une habitude, mais tant que ce réflexe est en place, cette fausse identité se substitue à nous dès le réveil, ne laissant aucune place pour que l’être profond puisse s’exprimer, ne laissant que très peu de chances d’être soi-même. Tout cela n’est que répétition de mémoires. Des conditionnements.

Pourtant, à l’évidence, c’est d’hier, c’est du passé : c’est déjà mort !

Tandis qu’aujourd’hui, tout est neuf. Il faut donc se débarbouiller de ce fatras, sinon on peut bien aller doucher son corps, la conscience reste embarrassée de tout ces encombrements dépassés, très lourds à porter !

Rester ainsi coincé dans l’imposture de la personnalité, ne permet pas vraiment en effet d’être soi-même, simplement et pleinement.

Exercice pour être soi-même

Avant de vous lever, avant de penser à quoi que ce soit, voyez si vous pouvez simplement rester un instant sans identité, rester neutre en quelque sorte, dans la pure conscience, sous le voile mental qui se rajoute après.

Comment pouvez-vous demeurer simplement dans votre corps, appréciant les sensations corporelles, sans aucune intention de quelqu’ordre que ce soit ? Sans interprétation, sans jugement, sans commentaire. Juste des sensations et sans pensées ajoutées.

Il s’agit juste de vous maintenir dans le « maintenant », sans rien vous approprier, sans investir ce “moi” qui s’accapare l’instant présent, pour l’instrumentaliser.

Simplement, être avec le corps

Restez simplement là avec le corps, allongé dans son lit, à éprouver des sensations corporelles. Sans vous dire à vous-même que “vous” seriez en train d’éprouver des sensations.

Vous comprenez ? Juste “Etre”… sans ajouter d’histoire.

Si une préoccupation s’élève dans le champ de conscience, n’empêchez pas qu’elle s’élève, mais ne la suivez pas tout de suite.

Revenez aux sensations corporelles, sans mettre d’étiquettes dessus.

Enfin, après quelques secondes ou minutes de cette expérience pure, levez-vous, pour apprécier la sensation de la verticalité.

Et, avant d’aller à la salle de bains, demeurez encore quelques secondes debout ainsi, en fermant éventuellement les yeux. Restez ainsi à simplement respirer : laissez-vous être respiré. Sans vous croire être “quelqu’un” qui respire.

Ne faites rien. Jouissez de la quiétude, lorsqu’il n’y a encore personne à l’intérieur : sans personne pour dire « c’est moi qui suis », il y a juste l’être !

Là, il est possible enfin d’être soi-même, parce que l’ego ne prend pas encore toute la place, du fait des automatismes du mental qui ont été stoppés momentanément (voir à ce sujet : “un ego surdimensionné“)

Etre soi-même dans la journée

Ensuite, dans le reste de la journée, il vous sera beaucoup plus facile d’être pleinement vous-même. Parce que votre attention aura un autre point de repère que les mécanismes d’identification. Vous disposerez d’une référence d’être soi-même, pure conscience comme disent à juste titre les bouddhistes, avant l’ingérence des processus mentaux, qui déforment l’expérience pour créer une réalité transformée, avec un “moi” et sa cohorte de croyances, et de souffrances associées.

Magnifique journée.