Comment se passe ce qu’on pourrait appeler le développement de la conscience ?

Tandis que certaines expériences spirituelles sont parfois spectaculaires, abruptes, et même potentiellement violentes et déstabilisantes, il n’en reste pas moins qu’ensuite il faut les encore digérer, les intégrer, les assimiler. Et l’expérience de ce processus est progressive, elle s’inscrit dans une certaine durée.

A ce propos, il y a quelques années, j’avais parcouru un livre intéressant “Après l’extase, la lessive” de Jack Kornfield. C’est un bon livre pour se déniaiser en balayant les idées préconçues qu’on se fait parfois à propos des expériences mystiques comme point culminant de la spiritualité. Cette lecture contribue à décomplexer et à désillusionner. C’est un peu acide, mais ça réveille.

Quand l’ego est éclairé par l’esprit…

Il faut un certain temps pour réaliser la vraie nature de la conscience:

  • Après l’avoir aperçue du coin de l’oeil, il faut encore l’envisager en plénitude,
  • Et puis il faut aussi que se dissolvent peu à peu les mémoires de souffrance enkystées dans le corps.

L’ego, devient de moins en moins opaque, de plus en plus transparent et aligné avec l’être profond, qui gouverne dorénavant sa barque.

Dès lors, oui, l’esprit va méditer sans intention, tout en laissant l’ego éventuellement se raconter des histoires d’ego à propos de la méditation. Et tandis que l’ego s’agite encore un peu avant de se calmer, comme un animal effrayé s’assagit en présence d’un maître plein d’amour, l’esprit que “je suis” se met à l’écoute de l’écoute, contemple, expérimente ce qui se présente, sans commentaires, sans défense et sans désir, mais en appréciant pleinement l’instant présent, le seul instant qui soit.

Développement de la conscience

On pourrait dire que méditer sans intention, consiste à être conscient d’être conscient. Il ne s’agit pas de “vouloir” être conscient de sa conscience, mais de se reposer dans la conscience d’être conscient. Dans cette “pratique”, ou cet état naturel, il n’y a pas de vouloir pratiquer ou de vouloir être naturel, il y a juste le fait (ou le processus) d’être, et d’être conscient d’être, ce qui revient à dire : être conscient d’être conscient.

Cesser de se laisser absorber par le contenu des expériences pour diriger l’attention vers ce qui est conscient des expériences. Etre attentif à ce qui perçoit (et non plus seulement à ce qui est perçu), à ce qui est conscient, être attentif à soi en tant que sujet du processus de conscience des choses. Dans ce cas de figure unique, la conscience est à la fois ce qui perçoit et ce qui est perçu ! Je me repose dans l’essence même de ma nature nature profonde : la conscience. Et rien d’autre.

Tout ramène à la conscience de soi

Toute chose perçue ramène à la conscience qui la perçoit, si bien que chaque objet est un panneau indicateur qui pointe vers ce que je suis vraiment, et qui est le point commun de toutes les expériences : la conscience que j’en ai, la conscience que je suis…

Cela dure le temps que cela dure, avant qu’une distraction nous remporte dans le flot du quotidien. Cela prend la forme que cela prend. Cela atteint la profondeur que cela atteint, mais il n’y a pas de contrôle ni d’intention dans cette manière de méditer sans intention.

C’est un grand repos de n’avoir aucune intention, de ne faire “rien”, juste “être”, être conscient d’être.

S’engager librement

Peu à peu, après s’être retiré de l’identification aux objets perçus par la conscience, l’esprit “s’incarne” sans réserve, il reconnaît qu’il est engagé dans chaque expérience, il reconnaît qu’il est la substance même de chaque expérience… Au lieu de se dés-identifier, il s’engage pleinement. Dans ce cas, vivre c’est méditer sans intention, en-deça du jeu fonctionnel des petits objectifs, des petits désirs résiduels, des petites peurs et aversions qui s’épuisent tranquillement, jour après jour, jusqu’à la pleine conscience probablement…

La liberté réside au coeur même de la contrainte

La liberté se dégage peu à peu de cet engagement intime avec l’expérience, pleinement acceptée (ou de moins en moins refusée). Vous vous contentez de faire de votre mieux, à chaque instant, sans vous raconter d’histoire, honorant votre vocation, elle-même inspirée par votre signature énergétique profonde.

Voici un extrait d’une conférence de Rupert Spira, qui parle du développement de la conscience à travers l’expérience non-duelle, d’une façon que je trouve inspirante. Que ressentez-vous dans cette écoute ? Vous entendez-vous entrain d’écouter ? Essayez, vous verrez, c’est une expérience intéressante…

Qui est-on vraiment ?

On se prend généralement pour sa personnalité :

  • une personne qui a une vie, un âge, un sexe, une famille, un métier
  • une personne qui a une histoire, qui contient “des” histoires, qui sont autant de conditionnements qui créent des comportements répétitifs
  • une personne finalement, relativement déterminée par son passée, donc relativement figée et enfermée aux plis de l’habitude

On n’est peut-être pas ce qu’on croyait être…

En examinant de près la conscience qu’on a de soi, on constate qu’il y a deux plans de conscience en soi :

  • l’avant-plan, la conscience des évènements
  • l’arrière plan, la conscience de soi, indépendamment et à l’intérieur des situations et des évènements

Et quel que soit l’endroit où on place le centre de gravité en soi-même, il y a conscience des deux :

  • De l’avant-plan de l’expérience, je peux sentir la Présence latente à l’arrière plan.
  • A l’arrière plan, j’embrasse l’avant plan, depuis un espace vaste qui contient tout.

Eveil de la conscience non duelle

Cultiver ces deux plans de conscience est formidablement stimulant et apaisant. Un peu comme la lumière luit au fond du tunnel, un point fixe se témoigne, du sein même de l’expérience ordinaire du quotidien.

C’est très ordinaire, pas forcément spectaculaire, mais ô combien surprenant finalement d’en vivre l’expérience.

On ne s’en aperçoit pas forcément tout de suite, mais peu à peu, on est de plus en plus familier avec ces deux plans de conscience. Et le second, l’arrière plan est finalement de plus en plus présent. Sans rien retirer de l’engagement au premier plan, dans l’action de la vie de tous les jours. Au contraire même, la vie est vécue avec plus d’acuité, quand elle est vécue sur les deux plans superposés. Ou plutôt (parce qu’en fait il n’y a qu’un seul plan, ce n’est qu’une façon de parler, par souci de pédagogie en quelque sorte), l’attention semble être orientée dans deux directions simultanément : les objets et le sujet.

Développement de la conscience sujet/objet

  • Les objets, c’est les choses que l’on vit
  • Le sujet, c’est soi-même. Et soi-même c’est quoi dans le fond ? C’est le champ de conscience dans lequel les choses apparaissent et disparaissent. On constate qu’il y a un sujet, parce que quelqu’un est conscient des objets. Et c’est ce quelqu’un, qu’on nomme “je”, “moi”. C’est le sujet.

Le développement de la conscience est un processus très ordinaire, qui peut prendre des formes très variées. Il s’actualise chez certains d’une manière brutale, spectaculaire, déstabilisante peut-être, tandis que chez d’autres il est discret mais tout aussi réel et profond.

La vie est intensité

La vie peut être intense et violente, mais ce n’est pas une raison pour s’y croire et prendre tout ça au sérieux. Dans la perspective qui se dégage de cette double expérience de la vie (je veux dire sur les deux plans simultanés), la vie est légère.

Elle est légère, quand on cesse de lui demander quoi que ce soit. Il suffit de l’accepter, d’accompagner le mouvement. Cela n’empêche pas de réfléchir, de ressentir des désirs, de les assouvir, de faire des choix, mais tout cela est vécu abec plus d’aisance et de fluidité, sans pesanteur. Sans attente, sans appréhension. On ne se cherche pas dans les choses, puisqu’on a déjà été “trouvé”.

Du coup, tout est plus libre. Ce qui se présente est toujours neuf à chaque instant, (malgré les réflexes d’avant, qui se manifestent encore, et voudraient reconnaître et répertorier, associer, étiqueter). Cet automatisme lui-même est vu aussi, et progressivement brûlé, éventé, dissout, désintégré, par le fait d’être vu (et accepté aussi)… Il reste la Présence, qui accueille ce qui est, d’une manière alerte et tranquille.

Avant plan et arrière plan de la conscience

Il existe deux positions en soi-même :

  • Il y a une position en avant de soi-même, concentré dans le front, et focalisé sur un point précis en face de soi : une question, un mot, un détail…
  • L’autre position est comme plus en arrière de soi, comme si vous vous appuyiez sur votre dossier de chaise (mais cela n’a rien à voir avec la position du corps. Je ne prends cette image que pour vous mettre sur la piste d’une sensation intérieure, d’un mouvement de l’attention), à partir de laquelle vous embrassez la situation dans sa globalité depuis un espace plus vaste que vous. Dans cette seconde position, on voit à la fois son propre point de vue, celui de l’autre, et l’ensemble de la situation. Les personnes ayant une forte expérience de la relation d’aide et de l’écoute flottante situeront aisément dans leur propre expérience à quelles sensations je fais référence…

Dans la deuxième position, prenant appui à l’arrière plan de votre conscience, tout semble être à l’intérieur de vous. Vous voyez les choses avec à la fois, plus de recul et plus de « présence »

Comparaison des deux plans de conscience

Il n’est pas question de dire qu’une position est meilleure que l’autre. Car les deux niveaux de conscience sont complémentaires. Ils sont vécus simultanément lorsqu’on prend appui sur la deuxième position (qui, en quelque sorte : englobe et inclut la première)

Nous aimerions vous mettre sur la piste de cette manière sensorielle et sensitive de percevoir les situations depuis cette deuxième position.

L’émotion ressentie à l’avant plan de la conscience, au contact des évènements, est un appel de la vie pour nous ramener à elle (littéralement : pour nous ramener à la vie)… Tandis que nous nous tenions figés et partiellement désensibilisé, dans une attitude défensive, comme à côté du flux.

C’est comme quand le sang réinvestit un membre engourdi. Au début il y a des fourmillements, presque désagréables, parce qu’ils donnent la mesure de l’inertie précédente à travers la dynamique qui se réinstalle. Et puis quel plaisir, quand on retrouve les sensations dans le membre désengourdi.

C’est d’ailleurs une expérience d’écoute sensorielle très intéressante que de rester profondément attentif à ces sensations de la circulation sanguine, qui reprend ses droit dans un membre ankylosé.

En fait ce qui est vécu à l’avant plan nous ramène à l’arrière plan. Et s’installer de mieux en mieux à l’arrière plan permet de vivre avec encore plus d’appétit à l’avant plan.

Développement de la conscience en coaching

Depuis son mental, le client a une vision pointue (cônique), qui focalise sur le problème, tandis que depuis le centre de son être, le client (comme le coach) dispose d’une vision globale (plutôt sphérique) de la situation, incluant les solutions et les ressources pour la mettre en oeuvre..

développement de la conscience

Utilisant le reflet systémique, pour que le client change son regard (au sens propre : il doit passer de niveaux de conscience côniques à une conscience sphérique), le coach modélise le comportement cible que le client cherche à s’approprier, en changeant lui-même sa posture intérieure, et donc ses niveaux de conscience.

Des exemples pour comprendre

Voyons de quel glissement il s’agit, en prenant quelques exemples :

  • Supposons que vous vous promeniez quelque part, disons dans la nature. Habituellement, la perception que vous avez de cette situation est que votre corps, auquel vous vous identifiez généralement, se déplace dans un environnement. Eh bien essayez maintenant de vous représenter que vous n’êtes pas « dans » ce corps, mais qu’au contraire c’est ce corps qui est « en » vous-même, dans votre conscience globale du tout, et que l’environnement, tout comme le corps sont à l’intérieur vous, dans votre champ de conscience. Amusez-vous à passer d’un point de vue à l’autre, et cela vous donnera une expérience de ce qu’on ressent quand on passe de la vision cônique à la vision sphérique.
  • Autre exemple, vous écoutez quelqu’un vous parler et vous êtes concentré sur le contenu de sa communication. Mais si maintenant, sans cesser d’entendre, vous percevez d’une manière plus globale, à la fois et en même temps : la relation entre vous, l’environnement autour de vous, et vos sensations corporelles, tandis que vous continuez de comprendre mentalement ce que l’interlocuteur vous dit, vous passez d’une focalisation pointue sur le message, à une ouverture plus globale à l’ensemble de la situation, perçue comme plus vaste.
  • Si en plus d’écouter les mots, vous écoutez les sons, et même le silence entre les sons, vous aurez peut-être la sensation que les mots ne sont que des mouvements superficiels à la surface du silence qui siège en profondeur, dans le calme immobile de la conscience que vous êtes. Sans confondre l’individu que vous êtes avec celui qu’est le client, vous serez conscient d’être dans un même bain vital, un champ de conscience commune, dans lequel vous prenez chacun vos appuis… Il ne s’agit pas de « fusionner », ce qui ne serait qu’une illusion (préjudiciable au coaching de surcroît) puisque vous gardez la conscience d’une différenciation claire.

Voici encore un autre exemple de passage des niveaux de conscience cônique à la conscience sphérique :

Développement de la conscience élargie

Etant vous-même, bien centré, dans votre corps adoptant une posture de vigilance détendue, et accueillant intérieurement une attitude d’attention non dirigée, vous allez ressentir une « ouverture » et une disponibilité, comme la sensation d’une Présence qui écoute et qui vous inspire des réponses non personnelles (qui n’impliquent pas votre ego). Cette Présence n’est pas celle de quelqu’un d’autre, c’est tout simplement vous-même, mais un vous-même « élargi », qui n’est pas limité à votre personnage ordinaire.

Aussi paradoxal que cela puisse vous paraître si vous n’avez pas encore fait cette expérience : vous êtes totalement impliqué dans la situation, mais absolument pas d’une manière personnelle. Vous êtes là, présent, sans intention autre que celle d’accompagner, sans effort spécifique, sinon celui de rester attentif à cet état de disponibilité. Vous êtes en quelque sorte : à l’écoute de l’écoute elle-même !

Veillant simplement à ne pas vous laisser entraîner par des agitations intérieures, vous voyez des pensées se présenter. Vous les observez tranquillement de façon détachée, sans partir avec.

Coaching spontané

Dans ces niveaux de conscience, vous accueillez le client autrement que lorsque vous l’écoutez uniquement avec votre mental. Alors, vous serez peut-être surpris de constater une sorte de coaching spontané, comme si « cela » se mettait à coacher à travers vous, sans que vous ne fassiez d’effort.

Je précise, que décrit ainsi, on pourrait imaginer un coach en transe, les yeux dans le vide, grand expert de la méditation, versé dans les arts internes …  Il n’en est rien, c’est heureusement beaucoup plus accessible que ça : vous oscillez simplement entre les deux niveaux de conscience, vous êtes à la fois mentalement présent, et en même temps attentif d’une manière plus vaste et radiante, qu’avec la simple activité du mental ordinaire.

Parler à un coach

La joie de vivre

Le développement de la conscience est une chose tellement simple, que tout le monde peut dorénavant y accéder.

C’est probablement déjà le cas pour vous, puisque vous lisez cet article, même si vous ne vous en rendez peut-être pas encore compte. Alors vous faites peut-être des tas de trucs pour le développement de la conscience de soi, et/ou vous distraire (du yoga, de la méditation, des stages, vous lisez des livres, vous regardez des vidéos), tandis que la première chose à faire, c’est justement ne faire : rien.

Juste le temps que se dégage l’opportunité de constater ce que je vous raconte là, et qui se distille dans le quotidien, tandis que vous reprenez vos activités. Des choses sont alors faites. Mais pas spécialement pour le développement de la conscience, juste parce que c’est bon d’être en vie.

  • Quand vous avez faim, vous mangez.
  • Quand le corps a besoin de bouger, il y a mouvement.
  • C’est tout.
  • Quand si la situation offre des contraintes, alors la contrainte (qui empêche de manger, ou de bouger, ou de quoi que ce soit d’autre) est expérimentée.
  • Des actions sont mises en oeuvre pour arranger la situation et la rendre plus auspicieuse.
  • Et voila…

La fin des problèmes

Mais tout cela se passe, en quelque sorte sans problème : les problèmes n’en sont plus. Ce sont des choses à vivre. Les contrariétés et les frustrations font toujours partie de l’expérience ordinaire, mais elles sont accueillies depuis un espace plus vaste qu’elles, qui n’est pas affecté par elles.

Donc, on traverse les situations, sans être déstabilisé, même quand le corps souffre et qu’on est cloué au lit dans un hôpital. Certes la douleur n’est pas agréable, mais elle ne nous entame pas…Le développement de la conscience

Méditer serait la clé ?

Si on en croit les tenants de la non-dualité, méditer sans intention semble être la clé ultime de la méditation. Réfléchissons ensemble, librement (sans intention oserais-je dire ?), depuis l’expérience directe que chacun peut explorer pour soi-même.

Il semble qu’il y a deux aspects de soi :

  • le sujet de toute expérience, celui qui est conscient et témoin de ce qui survient dans le champs de la conscience
  • la personnalité, qu’on appelle généralement le “moi” ou l’ego, pour lequel nous nous prenons la plupart du temps

L’assise silencieuse

Quand, par exemple, on se dit “tiens si j’allais méditer un peu ?”, quand on ressent l’envie de s’asseoir un certain temps, dans une posture de détente alerte, une assise silencieuse (comme le zazen des japonais par exemple), il y a bien une intention. C’est l’intention de l’ego qui s’apprête à méditer. Donc depuis la perspective dualiste de l’ego, méditer sans intention, est un non-sens, une chose absurde. En effet, si on fait quelque chose, c’est toujours dans une intention, avec un objectif.

Développement de la conscience et non intention

Cette intention peut d’ailleurs prendre des formes diverses :

  • d’abord l’intention d’être présent,
  • celle d’ouvrir l’attention et la disponibilité à la Présence,
  • ou bien d’éprouver du bien-être,
  • ou encore d’écouter, observer, etc…

Voir même si on va plus loin dans l’intention de l’ego, il y a un autre niveau sous-jacent, moins “spirituel” et plus utilitaire :

  • d’abord l’intention de “me” développer,
  • souvent l’intention de me calmer, de me recentrer,
  • parfois l’intention de respecter mes engagements, de tenir ma discipline, de construire ma trajectoire de méditant, et autres perspectives farfelues dont est souvent capable l’ego qui “fait de la spiritualité” 🙂

… autant d’intentions de l’ego. C’est toujours des aventures de l’ego dont il s’agit (comme des aventures de Tintin) : l”ego va fair elles courses, l’ego se lève de bonne humeur, l’ego fait de la spiritualité…

Tarifs de supervision

L’ego qui médite…

En effet, ce “je” qui a une intention, c’est l’ego, le personnage pour lequel on se prend la plupart du temps. Celui-là ne peut pas méditer, et encore moins méditer sans intention (ce qui est presque un pléonasme, en fait), car la méditation n’est pas un “faire”. Méditer est autant un état qu’un processus, mais ce n’est pas une action que l’ego peut décider, déclencher, réaliser. Il se trouve que celui qui médite, ce n’est pas l’ego, c’est l’autre aspect de soi… Celui qui médite, c”est le processus et l’état que je suis tout à la fois, la conscience qui se déploie naturellement (sans intervention de l’ego) quand les conditions sont réunies pour cela. Au mieux, on peut réunir les conditions propices à ce déploiement, à cette émergence, cette révélation, cet éveil spirituel...

Mais quand je médite, en quelque sorte une fois que j’y suis installé dans cette posture, dans cette attention alerte, dans cette non-action, dans cette disponibilité sans objet…, à ce moment là, “je” n’ai en effet plus tellement d’intention, l’ego est calmé parce qu’il est vu par la conscience que je suis. Cette conscience n’a pas d’intention spécifique, puisqu’elle est la totalité, l’unité qui voit la danse de la dualité sans en être affectée, car elle la contient…