Comment développer la conscience de soi ? Une prise de conscience est toujours forte et instantanée. Ce qui est long c’est l’intégration, le processus d’assimilation de la prise de conscience.

Une compréhension nouvelle est une sorte de lucarne qui s’ouvre vers la lumière au sein d’un tunnel obscur dont on ne verrait pas le bout. Une prise de conscience, cela fait du bien : comprendre soudain quelque chose de nouveau, cela redonne du courage et de l’inspiration…

Mais cela ne suffit pas à nous sortir du tunnel !

  • Pour cela, il faut que cela percole au niveau énergétique, émotionnel.
  • Puis cela doit impacter le niveau corporel et concret du quotidien.

La transformation doit en effet opérer jusque dans les comportements :

  • à la fois les grands choix de vie structurants,
  • et les micro gestes du quotidien. (voir à ce sujet cet article : “Prendre sa vie en mains“)

Tout ce processus de conscience de soi s’inscrit dans le temps.

Nous allons donc parler un peu du temps si vous le voulez bien…

Considérer la vie telle un Jeu

Dès lors que le processus de conscientisation commence, le voyage n’est plus le même : on n’a pas encore le mode d’emploi complet, mais on sait qu’il s’agit d’un jeu, et le pressentiment qu’il s’agit d’un Jeu merveilleux. C’est le jeu du je qui s’éveille à sa véritable nature et prend enfin sa place dans la vie.

Bienvenue mes amis, la vie, c’est juste votre vie !

Il y a l’expérience de l’instant présent, qui est instantanée évidemment. Et puis il y a l’hygiène de vie, si je puis dire, qui fait que l’on se maintient dans cette conscience, comme si maintenant se maintenait… En quelque sorte un instant qui s’étire et ne finit pas.

Concret ou abstrait ?

Les vraies questions spirituelles sont toujours à la fois abstraites et concrètes :

  • Lorsque l’on travaille la métaphysique, on en aborde l’aspect abstrait.
  • Et lorsqu’on travaille sur soi, on les pratique concrètement.

A ce moment là, on ne se pose plus des questions spirituelles, ce sont les questions qui nous travaillent, concrètement, et qui opèrent une transformation au sein même de notre quotidien, sans que nous ne fassions d’effort direct pour cela. La conscience de soi s’épanouit sans effort volontaire. C’est la grande énergie impersonnelle qui agit à travers notre petite vie individuelle, parce qu’on s’est rendu disponible au questionnement essentiel…

Qu’est-ce que le temps ?

Ce dont on ne peut pas douter c’est qu’il y ait des cycles de croissance et de décroissance : naissance de quelque individu, croissance, maturité, dégradation du corps et mort de ce dernier. Ceci s’observe aussi à propos du soleil que l’on voit apparaître l’est, puis parvenir à son zénith, et enfin se coucher à l’ouest… Ces évènements sont indubitables. Cependant, nous avons l’impression qu’ils surviennent consécutivement, à travers une sorte de ligne de temps, qui elle n’est qu’une représentation mentale, que je qualifie d’illusion au sens où elle n’existe pas vraiment dans notre expérience présente. Je m’explique….

Il n’y a que maintenant

Depuis toujours et à jamais, on ne peut vivre que l’expérience de l’instant présent. La preuve : allez donc quelques instants dans le passé ou dans le présent, on vous attend pendant ce temps là dans l’instant présent…. C’est impossible ! On peut évidemment envisager, imaginer le futur, on peut aussi se remémorer le passé, mais ce ne sont là que des pensées, qui prennent place dans notre expérience présente : nous vivons maintenant l’expérience de nous souvenir du passé, ou de nous extrapoler dans le futur.

L’instant présent n’a pas de durée mesurable

  • quand a-t-il commencé, et pris la place de l’instant d’avant ?
  • quand va-t-il s’arrêter, pour laisser place à l’instant d’après ?
  • Combien y a-t-il eu d’instants présents depuis que vous lisez ces quelques lignes ?

En fait, comme le propose Rupert Spira, l’expérience à vivre inclut tout les évènements simultanément, que le mental classe artificiellement en passé, présent, futur. Mais ce n’est là qu’une représentation, une convention. Il prend l’exemple d’un roman dont toutes pages sont superposées et parallèles. Toute l’histoire écrite dans le roman est déjà là dans sa totalité sous nos yeux, tandis que le mental n’en prend connaissance que page après page, d’où cette illusion du temps linéaire qui s’écoule de la première à la dernière page…

La conscience n’a ni début ni fin.

La conscience de soi est non seulement “dans” l’éternité, mais comme il n’y a pas deux choses séparées qui seraient d’une part l’éternité et d’autre part la conscience (parce qu’on ne peut parler d’une chose si on n’en est pas d’abord conscient…), on pourrait aller jusqu’à dire que la conscience EST l’éternité (… et donc elle serait éternelle)…

Et on ne parle pas là de croyances religieuses dogmatiques de droite ou de gauche, nous ne répétons pas ce que quelqu’un de plus intelligent que nous aurait expérimenté tandis que nous en serions nous-mêmes incapables : nous nous référons à votre propre expérience, directe de tout de suite.

Et le raisonnement qui en découle est le vôtre, celui qui s’impose comme une évidence expériencielle, sans argument pour ou contre. C’est un constat qui s’impose à notre évidence, malgré les “apparences”, c’est-à-dire malgré nos habitudes mentales, faites des divers biais cognitifs constitutifs de notre filtre mental…

A la fois direct et progressif

Cette prise de conscience, à la fois brutale, directe, et également progressive, a évidemment d’énormes conséquences sur la vie de tous les jours. Car tout notre quotidien est construit sur cette illusion, nous souffrons à cause d’un passé que nous croyons révolu, alors qu’il est toujours là, et nous craignons un futur à venir, alors qu’il est déjà là…

Nous croyons mériter ou démériter, nous faisons des efforts, nous essayons, nous nous jugeons et nous sentons coupables, etc… (voir à ce sujet : sentiment de culpabilité)

Nous nous projetons sans cesse par la pensée, nous vivons dans notre tête à force de penser, au lieu d’être dans nos sensations corporelles et d’accueillir la pensée comme un simple événement parmi d’autres.

Au lieu de cela, nous sommes fascinés par nos pensées, au point d’y croire, et de ne vivre que par procuration de nos pensées, comme quelqu’un qui ne vivrait pas sa vie, mais en lirait un compte rendu ou ne ferait que de regarder un film biographique à propos de sa vie, le film de ses propres pensées…

C’est bien étrange, cette fascination exercée par les pensées. Platon, en avait déjà fait la remarque, au mois d’octobre je crois…

La caverne de Platon

mythe de la caverne

 

Le mythe de la caverne est une allégorie exposée par Platon dans le Livre VII de La République.

« Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière ; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu’ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête ; la lumière leur vient d’un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux ; entre le feu et les prisonniers passe une route élevée : imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles. »

Platon raconte qu’un jour, un des prisonniers est conduit à la lumière du jour, et là, il voit les objets naturels et le soleil tels qu’ils sont réellement. D’abord aveuglé, il sera ensuite ravi par cette connaissance et refusera de redevenir esclave. Cependant, quand il y retournera tout de même, par solidarité avec les autres esclaves, il leur expliquera l’erreur qu’ils commettent à prendre pour réalité ce qui n’est qu’illusion. Mais ils le prendront pour un fou et tenteront de le punir pour de telles affirmations mensongères et hérétiques !

Comme le suggère le mythe de la caverne, le simple fait de se retourner ne suffit pas à voir la vérité, mais constater l’illusion vous met déjà sur le chemin qui permet de sortir de la caverne.

Une bonne séance de supervision favorise la conscience de soi

Le rôle du coach n’est certainement pas d’expliquer, mais de questionner, pour inviter le client à retourner son regard vers ses propres filtres, et constater la part du problème qu’il crée lui-même par ses projections. L’extériorité du coach et sa dextérité à accompagner par la maïeutique des questions, sont une aide précieuse pour cet éveil du client.

Pour maîtriser l’art du coaching, il faut vous entraîner en pratiquant beaucoup.

Vous pratiquez déjà cela avec vos clients. Mais pratiquer avec un superviseur est aussi un bon exercice, dans lequel vous prenez provisoirement la place du client, puisque vous travaillez en mode coaching avec un coach sur le cas de vos clients.

Vous le savez bien, par effet systémique, quand vous travaillez sur l’autre, vous travaillez sur vous-même !

Une autre histoire de conscience de soi

« Il y a très, très longtemps, lorsque les êtres humains n’étaient pas incarnés dans leur corps physique comme ils le sont aujourd’hui, un homme (où était-ce une femme ?) avait fabriqué un masque merveilleux – un masque qui pouvait avoir plusieurs visages.

Cet homme avait l’habitude de mettre son masque et de s’amuser en accostant soudainement les passants et en observant leurs réactions. Parfois, le masque souriait, parfois il pleurait, parfois même, il grimaçait et se renfrognait.

Ses victimes étaient toujours choquées à la vue de ce visage tellement extraordinaire, étrange et si peu naturel – même lorsqu’il souriait. Mais que ces personnes rient ou pleurent était sans importance pour notre homme. Tout ce qu’il voulait, c’était l’excitation due à leurs réactions. Il savait bien que c’était lui derrière le masque. Il savait que le farceur, c’était lui – et que la farce était à leurs dépens.

Au début, il sortait avec le masque deux fois par jour. Puis, s’habituant à l’excitation que lui procurait cette activité, et en en voulant encore davantage, il commença à le porter toute la journée. Finalement, il n’éprouva plus le besoin de l’enlever et le garda pour dormir.
Durant des années, l’homme parcourut le pays en s’amusant derrière son masque.

Puis un jour, il s’éveilla avec une sensation qu’il n’avait jamais ressentie auparavant – il se sentait seul, divisé, quelque chose lui manquant. Bouleversé, il bondit hors de chez lui pour se trouver face à une très belle femme – et en tomba immédiatement amoureux. Mais la femme cria et s’enfuit, choquée par ce visage étrange et effrayant.

« Arrêtez-vous, ce n’est pas moi ! » cria-t-il en tordant son masque pour l’arracher. Mais c’était lui. Impossible de détacher le masque. Il était collé à sa peau. Il était devenu son visage.

Cet homme, avec son masque fabuleux, fut la première personne à entrer dans ce monde malheureux.
Le temps passa. Malgré sa ténacité et les efforts qu’il déploya pour annoncer à tous le désastre qu’il s’était infligé, personne n’était prêt à le croire. D’autant plus que personne n’était intéressé à l’écouter, puisque tout le monde l’avait imité. Tous avaient mis leur propre masque – afin de connaître eux aussi la nouvelle excitation de jouer à être ce qu’ils n’étaient pas. Comme lui, ils étaient tous devenus le masque.
Mais désormais quelque chose de pire était arrivé. Non seulement ils avaient oublié la farce et le farceur, mais aussi ils avaient oublié la façon de vivre joyeusement, en tant qu’être sans masque. »   

Extrait tiré de l’ouvrage de Barry Long : « Seule meurt la peur » Les Éditions du Relié

Cette allégorie exprime la détresse, après l’excitation, que ressentent souvent celles et ceux qui se prennent pour les personnages qui constituent leur personnalité.

Prise de conscience de soi même

Il est très important d’être soi-même, et donc de cesser de vouloir ressembler aux autres, cherchant à leur plaire, à leur faire plaisir pour se donner une chance d’être un tout petit peu accepté et aimé…

Ceci est humain, mais tellement misérable. Vous ne trouvez pas ?

Précisons qu’ici, on ne juge pas, et on ne se moque pas, mais on essaie de regarder les choses en face, et de corriger le tir, si l’on peut afin d’être mieux aligné et davantage heureux.

Mais il se trouve que ce n’est pas si simple, parce qu’il y a des automatismes, et le mécanisme de la pensée nous empêche de vivre pleinement la prise de conscience du Soi profond.

Alors voici un petit exercice très simple pour être soi, avant de revêtir sa peau habituelle, la peau de la personnalité pour laquelle on se prend.

Mourir un peu chaque soir, cela vous dit ?…

Vous savez, tous les soirs avant de s’endormir, on abandonne tout ! On accepte de quitter la plus belle des maîtresse, toutes nos passions, notre chat, notre jardin, notre dromadaire (pour ceux qui en possèdent un évidemment), nos chers soucis, nos ennuis, tout ! On meurt absolument à toutes ces préoccupations, pour juste, se laisser aller dans les bras de Morphée et s’endormir du sommeil du juste. Même les insomniaques, n’échappent pas à la règle générale, quand ils parviennent enfin à sombrer dans le sommeil, ils lâchent enfin tout !

Et, un matin, se réveiller pour de vrai…

Mais évidemment, le matin au réveil, sans même s’en rendre compte, on reprend nos croyances de la veille, nos fausses identités, on retrouve notre chien et ses croquettes, notre fiancée et sa jalousie, notre patron et ses exigences, nos choses à faire aujourd’hui et leur lot de contrariétés associées… Autrement dit, on n’a pas seulement mis un orteil hors du lit qu’on a déjà repris notre manteau de fumées, dont on s’affuble tout seul, croyant que ce manteau c’est “nous-même”, et que c’est la seule chose à faire…

Seulement voila, dans ces conditions, au mieux vous serez l’ego que vous croyez être, vous serez ce “moi” pour lequel vous vous prenez et que vous donnez à voir aux autres (qui d’ailleurs voient autre chose que ce vous croyez qu’ils voient, alors qu’ils regardent ce que vous leur montrez 🙂 ).

La conscience de soi, c’est aussi simple que ça !

Alors, pour être “Le Soi, impersonnel et fondamental” de notre nature originelle, avant qu’elle ne soit affublée de faux semblants, il faut s’en donner les moyens. En voici un très simple. Essayez-le et s’il vous plaît, laissez des commentaires pour partager votre expérience, demain matin après votre réveil, qui pourrait bien vous mettre sur la voie d’un “éveil spirituel,  Il s’agirait là d’un réveil des plus ordinaires et naturels qui puissent être…

Avant de vous lever, avant de penser à quoi que ce soit, voyez si vous pouvez simplement rester sans identité, neutre en quelque sorte. Demeurer simplement dans votre corps, appréciant les sensations corporelles, sans aucune intention de quelqu’ordre que ce soit, juste : se maintenir dans le “maintenant” sans se l’approprier, sans l’instrumentaliser au profit d’un quelconque objectif. Si une préoccupation s’élève, laissez la s’élever, sans la suivre. Si vous vous êtes rendu compte qu’une pensée s’est élevée… c’est que :

  1. vous l’avez probablement suivie un peu (qu’est-ce qu ‘on vient pourtant de vous dire ? Désobéissants !)
  2. vous êtes déjà revenu (sinon vous y seriez encore :-). Alors : bon retour parmi nous…

Donc, revenez simplement à la sensation, sans vous l’approprier, sans mettre d’étiquette dessus.

Puis levez-vous et observez la sensation de la verticale, et ne partez pas tout de suite dans les automatismes, comme celui d’aller à la salle de bains. Restez encore quelques secondes ainsi, sans durée de temps, debout, les yeux fermés par exemple. Et attendez, respirez. Ou plutôt : laissez-vous être respiré. Ne faites rien. Jouissez de la quiétude, lorsqu’il n’y a personne. Personne pour faire, personne même pour être. Il y a juste l’être, sans personne pour dire “c’est moi qui suis”.

Dans ces quelques instants de grâce, vous serez conscients de la vie qui se manifeste à travers vous, avant même d’être  re-devenu “vous”. Vous serez ainsi simplement dans la conscience de soi, avant l’appropriation inopportune par votre petit “moi”

Bon allez, maintenant allez prendre une bonne aspirine et promettez-vous de ne plus jamais remettre les pieds sur ce site qui débite autant d’inepties 🙂

être soi

J’espère, pour nous tous et pour la santé mentale de notre humanité, que ceux-la ne seront pas trop nombreux, mais pour ceux qui seraient probablement un peu dérangés (comme nous), et qui seraient intéressés par ce genre de micro-pratiques pour accéder à la prise de conscience de soi, n’hésitez pas à laisser des commentaires. …