Pourquoi et surtout COMMENT réussir à accepter l’inacceptable ? Une technique simple et puissante pour dépasser les difficultés majeures de l’existence…

Les 3 formes de l’inacceptable

Chacun d’entre nous est confronté tôt ou tard à ce qui pour soi est dans l’instant insupportable, inacceptable. Cet inacceptable peut prendre les trois formes suivantes :

  • parfois on est contraint de devoir accepter l’inacceptable lié à la perte : l’échec, l’affaiblissement, la maladie, l’accident, la disparition, la mort…
  • il y a aussi l’inacceptable lié à l’abandon: la solitude, l’isolement, la trahison, la séparation des êtres qu’on aime…
  • et également il faut parfois supporter d’accepter l’inacceptable lié à l’absurde : ce qui n’a pas de sens à nos yeux et nous semble injuste…

Pour le dire autrement : se sentir diminuer ou régresser, se sentir abandonné ou séparé de ce qu’on aime, se sentir confronté à l’injustice et à l’inepte, sont des situations difficilement supportables.

Pourquoi accepter l’inacceptable ?

Pourtant, il n’y a pas d’autre choix pour continuer d’exister que d’accepter le fait que l’inacceptable puisse survenir. Et si on ne peut donner son accord pour le contenu de la situation, on peut à tout le moins admettre que l’instant présent puisse contenir de telles épreuves, et qu’il y ait un sens profond à les surmonter : la souffrance liée à l’inacceptable nous rend plus fort, parce qu’elle nous permet d’être à la fois plus humble et plus empathique envers la souffrance d’autrui. Elle nous permet d’ouvrir notre cœur… C’est cette ouverture du cœur, sans restriction et sans négociation, qui permet d’accepter et de continuer son chemin, avec certes une grosse blessure, mais aussi avec un amour de la vie encore plus affirmé et vaste.

Comment accepter l’inacceptable ?

Voici une technique pour réussir à accepter l’inacceptable :

Prenez le soin de revisiter vos grands refus. Vous n’avez probablement que l’embarras du choix, malheureusement pour vous :

– la façon dont vos parents (ou vos frères et sœurs, ou vos éducateurs) vous ont plus ou moins mal aimés, mal compris, éventuellement mal traités

– vos échecs, les erreurs pour lesquelles vous vous en voulez encore, dont vous vous sentez éventuellement coupable, voire honteux

– vos déceptions amoureuses, les abandons et trahisons de vos amis, les conflits familiaux

– les méchancetés, les agressions diverses dont vous avez peut-être été victime

– les divers accidents de la vie…

Dîtes mentalement : « oui, j’accepte que cela se soit produit. Je ne suis pas d’accord avec cette situation, mais j’accepte que cela ait pu survenir … cette situation m’enrichit en m’informant sur ce que je ne veux plus vivre ».

Voyez aussi honnêtement quels manques d’attention, quels excès de naïveté, quelles erreurs de jugement ou de comportements de votre part, quelles provocations de votre part envers les autres peut-être, ont contribué à favoriser l’émergence de l’inacceptable dans votre expérience.

Mesurez bien les conséquences de ces erreurs et profitez-en pour prendre des résolutions à la suite de ces enseignements.

Relativiser le drame

… En outre, puisque vous êtes encore en vie, c’est bien parce que vous avez survécu à tout cela jusqu’ici… Ainsi, malgré la douleur que vous avez traversée, ces difficultés n’ont donc pas eu raison de vous.

  • Alors, à chaque pas, constatez que vous vivez encore, et encore, et toujours, AVEC cette réalité, qui ne vous désintègre pas, apparemment.
  • Constatez la résilience de votre nature profonde.
  • Voyez que rien n’est figé, que rient n’est immuable, que le meilleur laisse place au pire et réciproquement.
  • Il est donc illusoire de tenter d’empêcher le changement, en espérant vainement ne vivre que le meilleur. Les deux adviendront et c’est cette alternance ou cette simultanéité, qui justement sont la vie et procurent la richesse à l’expérience de vie pleinement assumé
  • Voyez aussi que dire non à quoi que ce soit est une démarche vaine, car pour nier quelque chose, il faut d’abord l’affirmer. Toute négation (donc tout refus) commence par poser l’existence de ce qu’elle cherche à nier. C’est comme freiner tout en accélérant : à part abîmer le moteur, cela n’avance pas à grand-chose !
  • Voyez aussi que ce ne sont pas les coups reçus qui font le plus mal, mais la résistance qu’on leur oppose. Et surtout la résistance mentale !

Et quand on ne peut pas accepter l’inacceptable…

Pour clore ce propos, admettons aussi que parfois, on ne peut encore se résoudre à accepter pleinement tel ou tel « inacceptable » … C’est bien naturel que certaines situations soient très difficiles à avaler, comme on dit.

Mais même dans ces cas-là, on peut au moins constater notre refus, et l’accepter, lui.

Oui, vous avez bien compris, il s’agit dans un premier temps d’accepter le refus !

Déjà qu’on ne parvient pas à digérer un aspect de la réalité, on ne va pas en plus se charger encore en se culpabilisant de ne pas y parvenir.

Un temps viendra de lui-même où l’acceptation sera mûre et que vous n’aurez plus à lutter et faire des efforts pour y parvenir, elle se fera toute seule, au terme de votre processus de deuil.

Cesser donc de refuser le refus, et commencer par accepter de ne pas être capable d’accepter est déjà un bon début.

Ensuite progressivement le contenu du refus sera dissout dans le bain d’acceptation dont vous l’entourerez affectueusement…

Accepter pour changer !

Accepter la réalité ? Ce n’est certes pas toujours facile. Mais c’est toujours nécessaire si on veut qu’elle change…

Intéressons-nous à ce nouveau paradoxe : pour qu’une situation change, il faut commencer par en accepter la réalité. Tranquillement, accepter que les choses soient … ce qu’elles sont.

Après on peut s’occuper de changer éventuellement les choses, parce qu’on est bien en prise avec elles, au lieu d’être dans le refus, le déni, le rejet…

Pour mettre en mouvement ce qui est mobile, ne faut-il pas d’abord prendre appui sur ce qui est fixe ? Tout le monde le sait, puisque c’est ainsi que l’on marche !

Tel Ulysse parvenant à entrer dans la cité convoitée, en se dissimulant avec ses soldats dans le fameux cheval de Troie, il nous faut accepter la réalité en composant avec les choses en l’état pour pouvoir mieux les transformer de l’intérieur.

Accepter la réalité présente, accepter ce qui est, accepter les choses qu’on ne peut pas changer, c’est s‘installer résolument dans l’instant présent, sans négociation et s’enraciner dans ses sensations corporelles…

Arrêter de se battre quand on est face à quelque chose qu’on ne peut changer pour l’instant. Non pas renoncer mais faire une pause, pour refaire le plein d’énergie, et voir le problème sous un nouvel angle…

Comme le courage, ou la discipline, l’acceptation est une compétence qui se développe par le travail et l’entrainement. Plus on est conscient de l’utilité que cette aptitude peut avoir dans notre vie, plus le désir d’acceptation est présent et plus on est prêt à y consacrer les efforts nécessaires. Mais la bonne nouvelle, c’est que pour accepter les choses comme elles sont, il n’y a pas d’effort à faire en fait. Ce serait plutôt pour refuser qu’il faudrait faire des efforts….

Ne vous laissant pas aller à la contrariété, intégrant de plus en plus profondément que les contraintes font partie du voyage, vous ne nourrirez pas de déception, de regret, d’amertume, ou de jalousie. Privilégiant un climat intérieur d’acceptation et de conscience de soi, plutôt que d’inconscience et de révolte, vous pourrez agir plus efficacement sur les situations, en étant ouverts et déterminés.